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DominiqueRoux
Le réel tenu à distance — entre simulacre, ironie et autodérision.
Le travail
Dans toutes ses séries, Dominique Roux ne cesse de prendre ses distances avec la réalité. L'acte photographique ne l'intéresse que dans sa dimension de simulacre. Entre autoportraits, mises en scène, images manipulées, hybridations, revisitations, installations et textographies, il porte sur le monde un regard fait d'ironie et d'autodérision.
Sélection
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Le monde en négatif
Paysages improbables
Inversés comme des négatifs, des paysages bien réels basculent dans l'improbable. La lumière s'y fait minérale, les frondaisons phosphorescentes, les rivages lunaires. Un même geste — renverser les valeurs — transforme déserts, jardins de cactées, rivages calédoniens et cimetières de cairns en territoires de rêve.

Rijksmuseum · Musée national d'Athènes
Muséoscopies
Série réalisée au Rijksmuseum d'Amsterdam et au Musée archéologique national d'Athènes. Les visiteurs, traités en négatif, deviennent des spectres translucides tandis que les œuvres, elles, conservent leur présence. Le regardeur s'efface devant ce qu'il regarde : qui, du vivant ou de l'œuvre, est le plus réel ?

Installation photo / vidéo — Couvent des Minimes, Perpignan
Ceci n'est pas mon corps
Installation photo + vidéo. Dans cette installation, Dominique Roux met en résonance l'univers religieux et l'univers chirurgical. Il revisite l'histoire de l'art qui a souvent questionné le corps dans sa dimension religieuse (Cène, Pietàs, Descentes de croix, Vanités) ou médicale (leçons d'anatomie, dessins anatomiques, cabinets de curiosité). Dans le chœur de la chapelle : la reconstitution d'une salle d'opération — une structure métallique (3 × 3 m, hauteur 2,50 m) entourée de voile blanc. Au centre, une table d'opération sur laquelle est projetée, à la verticale sur le ventre d'un mannequin, une vidéo de 16 minutes : des mains gantées de chirurgien se livrent à une simulation d'opération qui, par un glissement progressif, se transforme en préparation culinaire pour s'achever en une sorte de repas, ou de Cène. Au fond du chœur : une photographie, « Mise en (s)Cène » (120 × 80 cm), réinterprétation de la Cène de Léonard de Vinci réalisée dans la salle d'anatomie pathologique de la faculté de médecine de Toulouse — Roux y revisite par l'autoportrait tous les protagonistes de la Cène, transposant le religieux dans le chirurgical. Série « Champs opératoires » (de part et d'autre de la Cène) : douze « natures mortes / vanités » où des mains gantées travaillent différentes matières désignées comme des « cycles » (chirurgie, os, sang, eau, instruments, chimie, électricité, imagerie…). Chaque image est accompagnée de textes qui mêlent discours médical et discours religieux, entremêlant le profane et le sacré, le scientifique et le trivial.

Ferry Ancône — Patras
Les Dormeurs
Sur un bateau de la compagnie Minoan Lines, entre Ancône et Patras, des Albanais installés en Europe rentrent au pays le temps des vacances. Sur les ponts, dans les coursives, ils dorment serrés les uns contre les autres. Une humanité en transit, livrée au sommeil, que la photographie veille sans la réveiller.

Ithaque
Petites utopies helléniques
Il existe en Grèce une île où se mêlent fiction et réalité : Ithaque. Dans l'Odyssée, elle est le pays d'Ulysse, qu'il a quitté pour la guerre de Troie et sur lequel il finit par revenir contre dieux, vents et marées. Mais aucun helléniste, aucun archéologue, s'appuyant pourtant sur les descriptions précises d'Homère, n'a jamais réussi à s'accorder sur sa localisation : une île qui répond donc parfaitement au concept d'Utopie — sans lieu —, ou, comme le suggérait le poète Cavafy, sans autre réalité que cette tension pour l'atteindre, tout entière contenue dans l'expérience intérieure du voyage. Cette terre, j'ai cherché à la réinventer en installant des micro-paysages de fiction sur l'île ionienne qui porte sur les cartes le nom d'Ithaque ; puis, pour prendre au pied de la lettre sa dimension utopique, j'ai projeté sur ces sites mes propres légendes.

Le photographe
Fondateur du Centre de documentation photographique de la Galerie du Château d'Eau, à Toulouse.
Dominique Roux est photographe. Il a créé en 1982 le Centre de documentation photographique de la Galerie du Château d'Eau à Toulouse, dont il a assuré la direction jusqu'en 2018. Il a enseigné l'Histoire de la photographie et la sémiologie de l'image à l'ETPA et à l'ESMA. Auteur de nombreux textes sur la photographie, il a co-écrit avec Frédéric Ripoll « La Photographie » aux éditions Milan (collection « Les Essentiels »).













